Réaction au budget fédéral

Le premier budget du gouvernement Carney a été déposé le 4 novembre dernier.

Rappelons qu’il y a quelques semaines, l’Institut d’études internationales de Montréal (IEIM) lançait sa programmation 2025-2026 avec une table ronde consacrée aux choix budgétaires et stratégiques du Canada, dans la foulée de notre thème annuel « Alliances et résistances dans un monde en reconfiguration »[1].

Le budget fédéral offre certaines pistes intéressantes, notamment en matière de réinvestissement dans la défense, mais il soulève également d’importantes questions, en particulier concernant l’aide internationale.

Voici quelques remarques :

  • Si les nouveaux financements alloués à la défense répondront — du moins partiellement — aux attentes des alliés de l’OTAN, les défis liés à l’approvisionnement et au développement des capacités nationales demeurent considérables. Un dossier que documente activement le professeur Justin Massie et le Réseau d’analyse stratégique (RAS), sous l’angle de la sécurité et de la défense, ainsi que les membres du DEIT, sous l’angle économique.
  • Nous déplorons les baisses annoncées dans les budgets d’aide internationale, à un moment où les besoins humanitaires atteignent des niveaux sans précédent et où les États-Unis ont presque entièrement cessé leurs contributions. Alors que l’aide humanitaire se fait encore au compte-gouttes à Gaza et que la région du Darfour au Soudan est en proie à la plus grande crise humanitaire en cours, le Canada ne peut pas se permettre de réduire ses investissements en aide internationale. L’OCCAH et l’OMIRAS sont deux observatoires de recherche membres de l’IEIM qui effectuent des recherches sur les problématiques humanitaires, l’aide canadienne au développement et la situation migratoire.
  • Si le Canada doit revoir et réinvestir dans ses relations partenariales et sa diplomatie, les États-Unis demeurent encore, et resteront, notre principal partenaire. Parallèlement aux négociations en cours, le budget n’offre pas de visibilité sur cette relation, objet de recherche depuis 30 ans de la Chaire Raoul-Dandurand en études stratégiques et diplomatiques.
  • Enfin, nous demeurons circonspects face aux annonces de réorganisation de certaines ambassades, alors même que le développement de nouvelles alliances internationales devrait constituer une priorité stratégique. Plus que jamais, il apparaît essentiel de réinvestir dans notre diplomatie afin de soutenir la présence internationale du Canada et de renforcer sa capacité d’influence dans un contexte mondial en profonde recomposition.

– François Audet, directeur de l’Institut d’études internationales de Montréal (IEIM)

[1] La conférence du 17 octobre 2025 est disponible en réécoute : en format vidéo et en en format audio.

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