
Retour sur la table ronde « S’allier et résister dans un monde en reconfiguration : le Canada à l’heure des choix »
L'évènement a rassemblé une centaine de personnes en présentiel et en ligne.
Le 17 octobre 2025, l’Institut d’études internationales de Montréal (IEIM) a lancé sa programmation 2025-2026 avec une table ronde consacrée aux choix budgétaires et stratégiques du Canada dans un monde en reconfiguration. Rassemblant des spécialistes de l’UQAM en science politique, droit, économie et action humanitaire, la discussion visait à éclairer en mode prospectif les décisions du Canada, alors que le premier budget du gouvernement Carney doit être déposé début novembre.
La rencontre s’est déroulée autour du thème annuel de l’IEIM et des unités membres — s’allier et résister. Les intervenants, tous membres du Comité scientifique de l’IEIM, ont notamment discuté des coalitions capables de peser sur l’agenda international, marqué par la dégradation du multilatéralisme et par les politiques de l’administration Trump. Les unités de recherche représentées à cette occasion étaient :
- La Chaire Raoul-Dandurand en études stratégiques et diplomatiques
- L’équipe de recherche sur le Développement économique et les inégalités des territoires (DEIT)
- L’Observatoire sur les migrations internationales, les réfugiés, les apatrides et l’asile (OMIRAS)
- Le Réseau d’analyse stratégique (RAS)
- L’Observatoire canadien sur les crises et l’action humanitaires (OCCAH)
Comme l’ont souligné les panélistes, les professeurs Frédérick Gagnon, Julien Martin, Ndeye Dieynaba Ndiaye, Justin Massie et François Audet, la quête d’autosuffisance par une augmentation exponentielle des dépenses ne garantit pas une sortie de crise. Au nom de la souveraineté, le Canada doit privilégier une voie de résilience qui diversifie ses choix économiques et réduit ses dépendances géopolitiques. Une posture d’alliances choisies et de résistances assumées s’impose : revaloriser les instruments de coopération là où ils fonctionnent, résister aux effets d’entraînement nocifs et s’allier activement avec des partenaires tiers pour diversifier les dépendances, notamment dans la relation Canada–États-Unis qui demeure centrale. Par ailleurs, il a été rappelé que la crédibilité internationale du Canada se mesure d’abord au respect et à la promotion du droit international.
« Ce que j’ai hâte de voir avec ce budget, c’est à quel point il va tenir compte du fait qu’on est vraiment dans un autre univers, s’agissant de la relation bilatérale avec les États-Unis, et que ce n’est plus passager. » – Frédérick Gagnon, Chaire Raoul-Dandurand
« Les accords multilatéraux, ils sont morts. Le système multilatéral, il a été construit par les États-Unis et maintenant il est détruit par les États-Unis. » – Julien Martin, DEIT
« Tout est lié à la défense aujourd’hui. C’est le domaine le plus prévisible pour le budget fédéral qui s’en vient. […] Il y a encore à Ottawa beaucoup de gens qui pensent que [la situation actuelle] n’est que temporaire, qu’on va retourner à une présidence américaine qui n’est pas protectionniste, qui ne veut pas annexer ses voisins. Je pense qu’il y a une méconnaissance des tendances profondes qui se passent aux États-Unis. » – Justin Massie, Réseau d’analyse stratégique
« Le Canada, jusqu’à maintenant, fait partie des pays qui ont réussi à avoir une politique migratoire transparente, structurée. Je pense que dans le discours, c’est important quand on parle de défense, de sécurité, des dépenses, de dire comment le Canada va se positionner collectivement. » – Ndeye Dieynaba Ndiaye, OMIRAS
« L’avenir est dans nos salles de classe. La jeunesse à l’UQAM voit l’avenir. Il y a de l’optimisme, du militantisme, il y a de la résistance. C’est sur eux qu’on doit compter. On a une grande responsabilité, on doit résister, on doit trouver des solutions. » – François Audet, IEIM et OCCAH

Institut d'études internationales de Montréal (IEIM)
Chaire Raoul-Dandurand en études stratégiques et diplomatiques
Observatoire sur les migrations internationales, les réfugiés, les apatrides et l’asile (OMIRAS)
Réseau d'analyse stratégique (RAS)
Observatoire canadien sur les crises et l'action humanitaires (OCCAH)
Développement économique et inégalités des territoires (DEIT)
