Retour sur la conférence « 4 ans de guerre en Ukraine : Quelles perspectives de paix pour la sécurité transatlantique? »

La conférence s'est déroulée le 23 février 2026

Le lundi 23 février 2026, à l’occasion du triste quatrième anniversaire de l’invasion de l’Ukraine par la Russie et à l’invitation du professeur Justin Massie, l’Institut d’études internationales de Montréal (IEIM), la Chaire Raoul-Dandurand en études stratégiques et diplomatiques ainsi que le Réseau d’analyse stratégique (RAS) se sont réunis au Salon Orange du Centre Pierre-Péladeau de l’Université du Québec à Montréal ainsi qu’en ligne pour faire le point sur ce conflit, discuter des perspectives de paix et de la sécurité transatlantique.    

Dans son allocution d’introduction, François Audet, directeur de l’IEIM, nous a rappelé que l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie a fait basculer l’Europe entière dans une guerre d’agression dont les répercussions humaines restent encore vertigineuses. Une situation qui remet en cause des enjeux géopolitiques et humanitaires comme la protection des civils et le respect du droit international. En s’appuyant avec prudence sur les données des Nations Unies, il a souligné que depuis février 2022, plus de 15 000 civils ont été tués et plus de 41 000 civils ont été blessés.  

« Cette guerre a littéralement déplacé l’Ukraine – on compte environ 3,7 millions de déplacés internes et plus de 6 millions de réfugiés au pourtour, dans les pays limitrophes. […] Nous sommes face à une guerre qui s’est installée, qui nous a usés, qui fracture les sociétés et polarise la planète. »  François Audet 

Dans son allocution, Frédérick Gagnon, titulaire de la Chaire Raoul-Dandurand en études stratégiques et diplomatiques, s’est notamment penché sur les perspectives de paix et le rôle des États-Unis dans l’histoire de cette guerre, mais aussi sur le rôle de l’Europe et du Canada. Sur ces constats, le décor a été planté pour six heures de réflexion et de débats.  

Le premier panel, modéré par Justin Massie (UQAM) et portant sur le sujet « Russie, Ukraine et perspectives de paix », regroupait Dominique Arel (Université d’Ottawa), Maria Popova (Université McGill), Emmanuelle Rousseau (UQAM) et Vincent Tourret (UQAM). Dominique Arel, revenant sur la complexité de mettre fin à cette guerre, s’est montré perplexe sur le dénouement de celle-ci et sur la double violence subie par les civils : le bombardement et les attaques ciblées des infrastructures civiles. 

« La stratégie russe est de briser la résistance citoyenne, mettre la pression sur les élites afin d’accepter les conditions russe ». 

Cette situation a provoqué trois changements majeurs dans la géopolitique actuelle, a-t-il expliqué : 

« L’arrêt complet de l’aide militaire et économique américaine ; l’Europe, le Canada et d’autres pays peuvent acheter des armes américaines et les acheminer vers l’Ukraine ; et en dernier point : une rupture américaine des valeurs qui sous-tendent l’alliance occidentale ».

Maria Popova a souligné la résilience ukrainienne à travers ces quatre années de conflit. Emmanuelle Rousseau et Vincent Tourret, se sont prononcés sur le dénouement de cette guerre. 

Ce panel a été suivi d’une présentation sur les drones intitulée « Little Flying Robots : The Age of Small Drone Warfare », par Faine Greenwood, avec la participation de Simon Hogue (UQAM) et Chantal Lavallée (Collège militaire royal de Saint-Jean). 

Le troisième panel, modéré par Simon Hogue (UQAM) et portant sur « la Sécurité transatlantique après l’Ukraine : quelles trajectoires ? », regroupait David Cadier (IRSEM), Alexander Lanoszka (Université de Waterloo), Chantal Lavallée (Collège militaire royal de Saint-Jean) et Jonathan Paquin (Université Laval). David Cadier a présenté les variables importantes du conflit : 

« Le choix pour les relations entre l’Europe et la Russie, ce sera une relation hostile et stable ou une relation hostile, instable. L’enjeu est autre qu’un investissement dans la diplomatie, car cette dernière est à la fois un capteur et un vecteur en matière de dissuasion. ». 

Alexander Lanoszka (Université de Waterloo), Chantal Lavallée (Collège militaire royal de Saint-Jean) et Jonathan Paquin (Université Laval) ont aussi livré leurs analyses et rappelé un point important : 

« Le Canada doit être mesure de passer le message, en investissant le tout dans le multilatéralisme, afin de sortir dans cette forme géopolitique asymétrique actuelle ». 

Crédit photo: Antonin Blanchard

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