
De l’internationalisation des professions aux professionnels de la mondialisation
Dans "Les Villes (tout) contre le marché", Sociétés contemporaines, no 137-138, 27 avril 2026, Romain Lecler
Romain Leclerc, professeur au département de science politique de l’UQAM et membre individuel de l’Institut d’études internationales de Montréal (IEIM), vient de publier un article dans le dernier numéro de la revue Sociétés contemporaines intitulé « Les Villes (tout) contre le marché ».
Résumé :
Les salons se sont développés en France dans l’après-guerre pour rassembler, à intervalles réguliers, les professionnels d’un même secteur. Parmi eux, les salons internationaux constituent un observatoire socio-historique original de la mondialisation. Loin d’une ouverture graduelle au commerce international, leurs organisateurs ont vécu un basculement conflictuel au cours des années 1980 : la « guerre des salons ». Jusque-là structurés autour des fédérations professionnelles, avec le soutien de l’État, dans une logique mercantiliste et corporatiste d’internationalisation des professions, les salons ont été peu à peu concurrencés et rachetés par des multinationales de l’événementiel. Elles les ont redéfinis comme des produits de marché et ont imposé un nouveau type d’organisateurs au profil plus commercial : des professionnels de la mondialisation. Pour étudier ce basculement sont analysées les archives de Promosalons, l’association qui les a réunis, à partir des années 1960. Contre les approches écologiques trop processuelles et iréniques, l’article montre l’intérêt du concept de champ pour la sociologie internationale des professions et l’étude de la mondialisation.
Romain Lecler, Professeur au Département de science politique, membre individuel de l'IEIM, UQAM
Institut d'études internationales de Montréal (IEIM)

