Conférencier invité : Jean-Christophe Graz (IEPI)
La mondialisation telle qu’on pensait la connaître depuis trois décennies semble chaque jour s’effondrer en peu plus depuis l’entrée en fonction du Président Trump le 20 janvier 2025. Entre guerres commerciales, retournement d’alliance militaire, déréglementation massive des marchés, dénonciation de grands traités internationaux, retrait d’organisations internationales et démantèlement des chaînes d’approvisionnement, nous assistons à un moment de bascule de l’ordre mondial dont il reste difficile de circonscrire les contours, l’ampleur, et les implications. Comment faut-il donc caractériser les transformations actuelles de la mondialisation et de ses mécanismes de gouvernance ? Penser la démondialisation ne consiste pas à reconduire de fausses oppositions entre autarcie et ouverture, ou État et marché. Cette communication avance trois arguments. Il convient en premier lieu de distinguer un processus de mondialisation en panne d’un éventuel détricotage de son état d’avancement, dont les effets structurants continuent à définir les relations internationales. Cela conduit, en deuxième lieu, à poser le global comme catégorie sui generis et à concevoir les phénomènes d’intégration à ce niveau d’analyse, sans pour autant exclure d’autres niveaux sur lesquels se déploient les forces de fragmentation et de décentrement du politique. La finalité politico-économique de la gouvernance mondiale relaie de ce fait une certaine ambiguïté ontologique. Enfin, cela suppose analyser la variation de l’état d’avancement et des processus de transformation en cours selon les enjeux concernés. Cette communication introduit un ouvrage de synthèse en préparation sur le sujet.

Centre d'études sur l'intégration et la mondialisation (CEIM)
