
L’IEIM vous présente Lara Nehme, étudiante engagée au croisement de la recherche, de la justice sociale et des relations internationales
Étudiante au BRIDI, elle est notamment la lauréate uqamienne du concours Délie ta langue!, 13 avril 2026
Certains individus ne considèrent pas leur parcours académique comme une simple accumulation de connaissances, d’expériences ou de récompenses. Pour eux, c’est une façon de s’approprier le monde, de le questionner et de s’y engager. Lara est de ces profils qui incarnent une harmonie remarquable : ses engagements académiques, ses expériences de recherche et ses aspirations professionnelles convergent vers un idéal commun, celui de la justice sociale. Que ce soit sur les thèmes de l’immigration, de l’inclusion numérique, de la vulgarisation scientifique ou de la diplomatie, elle insiste sur la nécessité de faire en sorte que les connaissances, les structures et les débats publics s’adaptent mieux aux réalités humaines qu’ils sont censés régir. Cet ancrage se manifeste autant dans sa vie associative à l’UQAM que dans ses recherches et dans ses projets d’avenir.
L’un des premiers traits marquants de son parcours est la place centrale qu’occupe l’engagement étudiant. Depuis deux ans, Lara s’investit activement dans la vie estudiantine, où elle a participé à l’organisation d’initiatives qui donnent une véritable consistance à la vie universitaire. Elle nous laisse comprendre que ses implications « ne sont pas périphériques ou anodines, mais expriment une manière très concrète de fabriquer des espaces communs ».
De sa contribution, à la fabrication de l’espace commun et publique, Lara dit en tirer une grande fierté du fait de rendre possible une vie étudiante active, structurée et stimulante. Elle écrit aussi dans la revue étudiante, signe que, chez elle, organiser et penser vont de pair. Cette articulation entre action et réflexion se retrouve également dans son rapport à la recherche. Lara a multiplié les expériences qui lui permettent de relier les enjeux internationaux à leurs effets sociaux les plus tangibles. Elle a notamment pris part à un chantier de recherche au Centre d’études sur l’intégration et la mondialisation (CEIM) de l’UQAM portant sur la politique « America First » de Donald Trump, au moment même où celle-ci prenait forme. Dans ce cadre, elle s’est intéressée plus particulièrement à la réception de cette politique au Canada, tant sur le plan citoyen que politique. Cette expérience a donné lieu à un colloque étudiant où elle a pu présenter ses travaux. Elle travaille aussi comme auxiliaire de recherche à l’INRS sur les questions d’inclusion numérique, en comparant les politiques québécoises et canadiennes à ce qui se fait à l’international. Ce souci de relier l’échelle locale aux transformations globales éclaire bien sa démarche : comprendre comment les grandes orientations politiques affectent les personnes, les communautés et l’accès réel aux droits.
Si Lara devait elle-même résumer son parcours en quelques grands axes, trois thématiques ressortiraient nettement. La première est le combat pour une plus grande acceptabilité sociale de la question immigrante au Québec et au Canada. Elle relie cette préoccupation à plusieurs de ses engagements, notamment en francisation et dans ses expériences liées à l’immigration, et l’inscrit explicitement dans une perspective de justice sociale. La deuxième est la mobilisation des connaissances. Le terme lui importe : plus que la simple vulgarisation, elle insiste sur l’idée que la production du savoir doit être partagée, appropriable et socialement utile.
La recherche n’a de sens que si elle produit des effets, si elle circule, si elle permet à davantage d’acteurs et d’actrices de participer à la compréhension du monde.
– Lara Nehme
Enfin, la troisième thématique est celle de la défense des droits humains, horizon vers lequel convergent ses motivations profondes. Même lorsqu’elle affirme ne pas encore être sur le terrain de cette défense au sens strict, elle décrit clairement ses études, ses questionnements et ses engagements comme des étapes vers cette finalité.
Pour l’avenir, Lara se projette dans un monde marqué par des crises géopolitiques majeures, où il faudra adapter les cadres juridiques et sociopolitiques aux réalités qui viennent. Elle voudrait prendre part à cette relève, dans la recherche, dans la rédaction, dans les discussions internationales ou sur le terrain, au service des personnes trop souvent réduites au silence. Et puisque son histoire personnelle est aussi liée au Liban, elle dit souhaiter, si possible, mettre cette voix au service de ce contexte également. Son parcours esquisse ainsi une ambition claire : faire de l’international non pas un espace abstrait de grands principes, mais un lieu de justice concrète, d’écoute et de transformation.
Institut d'études internationales de Montréal (IEIM)








