L’OMIRAS en profite et vous convie à une conférence internationale sur « Les 75 ans de la Convention européenne des droits de l’Homme : L’anniversaire d’une grande dame célébré au sein du Conseil de l’Europe » le
jeudi 19 février 2026, de 12h00 à 13h00, dans la Salle Pierre-Bourgault (J-1450) ou en ligne au lien suivant : https://uqam.zoom.us/j/82727585667.
René Cassin était un visionnaire. Il avait compris, avant bien d’autres, qu’aucune paix durable ne serait possible sans le respect plein et entier des droits de l’Homme. Il s’engagea dès 1948, aux côtés d’Eléanore Roosevelt, pour l’adoption au sein de l’ONU de la Déclaration universelle des droits de l’Homme née sur les cendres d’Auschwitz, selon l’expression consacrée. Cette déclaration, aussi importante soit-elle sur le plan philosophique et humaniste, n’a jamais eu de valeur contraignante sur le plan juridique. C’est ce que René Cassin chercha à combler, non plus au niveau onusien mais au niveau régional, lorsque le Conseil de l’Europe fut créé (1949), et la Convention européenne des droits de l’Homme adoptée (1950). Cette dernière est en effet un traité européen obligatoire pour tous les États-membres du Conseil de l’Europe, et pour tous les États-candidats à l’entrée à l’Union européenne. L’histoire de la Convention est fascinante puisqu’aucun de ceux qui ont présidé à sa rédaction n’aurait pu imaginer qu’elle connaisse un jour un tel succès. C’était sans compter sur l’action de la Cour européenne des droits de l’Homme qui lui donne chair, en l’interprétant à la lumière des conditions de vie actuelle. En 75 ans, la Convention aura su modeler un certain nombre de comportements, renforcer la démocratie, protéger les libertés des Européens, imposer aux États récalcitrants des obligations auxquelles ils ont initialement consenti, en un mot comme en mille, marquer un progrès pour l’humanité en Europe. Mais elle est aujourd’hui entrée dans une zone de très fortes turbulences puisque l’heure n’est plus pour la Cour de Strasbourg à participer au développement des droits fondamentaux, mais à leur sauvegarde, voire à leur protection. Certains Européens n’auraient-ils pas encore tiré toutes les leçons de l’histoire ou auraient-ils perdu la mémoire ? Les anniversaires, même dramatiques, sont là pour les rappeler