Appel à contributions

Barrières, murs et frontières: état d’insécurité ou insécurité de l’État?

27 septembre 2010

Colloque international organisé par la Chaire Raoul-Dandurand en études stratégiques et diplomatiques en collaboration avec l’Association for Borderlands Studies Université du Québec à Montréal Montréal, Québec, Canada Troisième semaine de mai 2011 Vingt ans après la chute du mur de Berlin, la question de Robert Frost demeure entière : « les bonnes barrières font-elles les bons voisins? ». En effet, depuis la Grande muraille de Chine, amorcée au IIIe siècle avant J.-C. par la dynastie Qin, le mur d’Antonin érigé en Écosse par les Romains pour appuyer le mur d’Hadrien, le Limes romain, ou la barrière du Danevirk, le « mur » est une des constantes – en Orient comme en Occident – qui ont marqué les frontières infra et inter-étatiques. Le « mur » est-il plus qu’un reliquat historique de la gestion des frontières? Dans les années récentes, les murs frontaliers ont proliféré autant le long de la frontière mexicano-américaine, en Israël où la ligne verte a été transformée en un mur de séparation ou en Inde ou la barrière de délimitation avec le Bangladesh vient d’être terminée. Pour autant, la question de la capacité de ces nouveaux murs à redéfinir des relations inter-nationales (voir intra-nationales) pacifiques et ordonnées demeure entière. Quel rôle le Mur joue-t-il dans le développement de la sécurité/insécurité ? Les murs alimentent-ils un sentiment d’insécurité proportionnel au sentiment de sécurité qui se dessine pour ceux qui vivent « derrière la ligne » ? Quel type de sécurité est associé aux murs frontaliers? Organisateurs • Charles-Philippe David, Titulaire de la Chaire Raoul-Dandurand et professeur au département de science politique, UQAM • Élisabeth Vallet, professeure associée au département de géographie et directrice de recherches en géopolitique à la Chaire Raoul-Dandurand, UQAM • Heather Nicol, Professeure de géographie – Trent University et présidente (2011-2012), de l’Association for Borderlands Studies Thème principal Alors que, durant les années 1990, l’heure était à la mondialisation et aux dividendes de la paix, la notion même de frontière semblait devenir illusoire. Du déclin du rôle de la frontière à leur non-pertinence voire à leur disparition annoncée dans l’avènement d’un monde sans frontières, la littérature s’est appuyée sur le mouvement de contestation du monde stato-centré pour enterrer les bornes étatiques. Les frontières paraissaient appartenir un ordre mondial suranné et déclinant. Pourtant, ce sont près de 26 000 kilomètres de nouvelles frontières politiques qui ont été créées après 1991 (Foucher 2009) tandis que les États proclamaient leur volonté de s’emmurer derrière des clôtures, des barrières ou des ouvrages maçonnés. Plus encore ils marquaient ainsi leur volonté de contrôler les flux migratoires et, au besoin, de limiter l’entrée sur leur territoire de biens et de migrants. Alors que certains y voyaient « la fin de l’Histoire » ou même « la fin de la Géographie », en réalité, ce monde sans frontières ne s’est jamais véritablement matérialisé. La chute du mur de Berlin n’a pas consacré la fin de l’architecture de sécurité, et moins encore des infrastructures de sécurité comme les frontières fortifiées, et ce même sous l’empire de la mondialisation. En réalité, elle a été le point de départ d’une nouvelle ère de Sécurité centrée sur les frontières et les lignes de démarcation. Ainsi, plus de vingt ans après la chute du Mur, ce colloque permettra de poser la question du retour du mur/barrière en relations internationales et, le cas échéant, d’analyser les facteurs qui ont conduit à cette résurgence, sinon dans les faits, du moins dans les discours. Il s’agira de mener une analyse globale du rôle, des fonctions des barrières et murs frontaliers au 21e siècle et de la relation entre les nouveaux agendas de sécurité et les nouvelles formes de gestion des frontières et de pratiques frontalières. Il s’agira également de voir dans quelle mesure ce retour des murs et barrières pourrait être symptomatique d’une nouvelle ère des relations internationales. Sera privilégiée une perspective multidisciplinaire sur diverses problématiques incluant : la récurrence ou le déclin des murs, la sémantique et sémiologie des murs, le droit applicable au mur, l’industrie des murs, les stratégies de contournement du mur, les no man’s lands générés par les murs, la sociologie des murs, les symboles qu’ils représentent, les objectifs qu’ils servent et ceux qu’ils atteignent. Dans ce contexte, il s’agira d’aborder des études de cas qui permettront de jeter un regard tant sur les facteurs systémiques qui expliquent l’érection des murs que sur la nécessité de tenir compte des spécificités propres à chacun d’entre eux. Les étudiants de deuxième et troisième cycles sont invités à proposer une communication. Autres thèmes Thème 1. Murs et barrières en relations internationales : retour ou déclin? Discours globalisant, retour des frontières Hypothèses globales sur le retour du mur en relations internationales Études de cas sur le retour du mur en relations internationales Thème 2. Barrières/murs frontaliers et identités Identités nationales et identités locales Théorie de la limologie, murs et épistémologie Anthropologie de la barrière/du mur frontalier Murs/barrières et sociologie des régions frontalières Thème 3. Aspects légaux Séparer pour légitimer ? Les barrières et murs frontaliers: succès ou échec ? Droit international, droit local, droits humains ? La production de normes et les murs Thème 4. Impacts des murs et barrières Impacts économiques des murs et barrières Les stratégies de contournement des murs Impacts environnementaux et sociaux Le complexe sécuritaro-industriel Date limite de soumission: 15 octobre 2010 La proposition de communication devra comporter les éléments suivants (300 mots) • Nom et le prénom du ou des auteurs / contributeurs • Titres, fonctions et institutions • Coordonnées : adresse postale, téléphone, fax, courrier électronique • Résumé : Titre, question centrale de la communication, cadre empirique, angle d’analyse Langues : les soumissions peuvent être effectuées en anglais et en français Veuillez transmettre votre proposition (par courriel, en document joint, format Word) à Élisabeth Vallet à l’UQAM: vallet.elisabeth@uqam.ca Calendrier: – 15 octobre 2010 : date limite d’envoi des propositions de communication – décembre 2010 : sélection des propositions et réponse aux auteurs – 15 mars 2011 : remise des textes par les auteurs pour transmission aux commentateurs – Troisième semaine de mai 2011 : Tenue du colloque à Montréal Date limite de soumission : 15 octobre 2010 Pour plus d’information : www.dandurand.uqam.ca

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