Mort et militantisme

Date limite : 25 mars 2025

Mort et militantisme:
Recherches interdisciplinaires sur les conceptions de la mort, mourir et la révolution dans le monde francophone, 1960 à 1980

7-8 novembre, 2025 (Université du Québec à Montréal – Montréal, Québec)

Vers la fin de 1963, Georges Schoeters écrivit une lettre de sa cellule en prison à Montréal. Belge, révolutionnaire et l’un des fondateurs du Front de libération du Québec, Schoeters décrivit l’importance de son combat pour l’indépendance du Québec et finit sa lettre : « L’indépendance ou la mort. » [1] Dans les années qui suivirent, des militants et des révolutionnaires francophone répétèrent cet appel à l’action; dans des lettres, slogans et graffitis ils disent la patrie ou la mort ou révolution jusqu’à la mort.

Dans une déclaration à Alger, Ernesto Guevara, dit « le Che », proclama qu’il « n’avait pas de frontières dans notre combat à mort ».[2] Ceux qui sont morts pour leur cause vivaient encore dans les journaux révolutionnaires, dans les discours, la littérature et les œuvres d’art, et dans les mémoires de ceux qui les suivirent. De la France au Québec, de Cuba au Vietnam en passant par l’Algérie, comme mot-clé, symbole ou complainte, la mort à la fois hantait et galvanisait les mouvements révolutionnaires. Les militants francophones mobilisaient la menace, la réalité ou la promesse de la mort pour appeler le peuple à résister et à lutter.

Aujourd’hui, les militants mobilisent l’idée ou la peur de la mort pour appeler à la résistance face à diverses crises. En rétrospective, en examinant la manière dont ces idées ont été utilisées et absorbées par les militants dans le sillage de la décolonisation formelle (1960-1980), cette conférence met en lumière une réalité souvent occultée : l’importance de la mort au sein des mouvements émancipateurs dans le monde francophone. « Mort et militantisme » est une conférence interdisciplinaire et bilingue (français et anglais) qui se tiendra les 7 et 8 novembre 2025 sur le campus de l’Université du Québec à Montréal. Les presentateur.e.s devront faire circuler leur texte et lire celui de leurs co-conférencier.e.s. Cet événement donnera l’opportunité à ceux et celles qui étudient la relation entre la mort et le militantisme dans les années soixante et soixante-dix dans le monde francophone de se réunir. Dans nos travaux comparatifs et interdisciplinaires, nous aurons la chance d’approfondir notre compréhension de ce sujet et, nous l’espérons, de créer un réseau de chercheurs qui pourra continuer à traiter de ces thèmes dans les années à venir.

Voici une liste (non exhaustive) de thématiques thanatologiques potentielles :

  • La mort et le marxisme
  • Suicide et mort volontaire
  • Religion, laïcité et martyre
  • Peine, traumatisme et émotion
  • Genre, race, et identité comme motivation ou réponse à la mort
  • L’indigenéité, nation(alism) et appartenance individuelle ou collective
  • Violence étatique et terreur et terrorisme
  • L’(il)légalité et l’(in)compréhensibilité de la mort
  • Représentation de la mort dans la littérature ou la poésie, les films, les pièces de théâtre ou l’art
  • Funérailles, enjeux mémoriels et commémoration

Nous invitons particulièrement les travaux qui traitent de la dimension internationale ou globale de ces sujets.

Les intéressés doivent soumettre les informations suivantes avant le mardi 25 mars 2025 : titre et sommaire de la présentation (300 mots maximum), CV abrégé (2 pages), et une brève biographie et bibliographie de vos travaux pertinents (150 mots). Les participants devront être capables de travailler en français et en anglais.

Si vous avez des questions, n’hésitez pas à écrire à Sarah K. Miles (UQAM, CRIDAQ): skmiles3@gmail.com. Le comité scientifique inclus: Doyle Calhoun (University of Cambridge), Roxanne Panchasi (Simon Fraser University), Donald M. Reid (University of North Carolina at Chapel Hill), Stéphane Savard (UQAM) et Jean-Philippe Warren (Université Concordia).

Partenaires

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