L’IEIM au temps de la COVID-19 : éditorial de François Audet

Mot du directeur de l'IEIM, le 14 avril 2020, 12 avril 2020

Alors que nous entamons la cinquième semaine de pandémie (décrétée par l’Organisation mondiale de la Santé le 11 mars 2020), aucun État ne semble jusqu’ici avoir découvert un « remède miracle » pour endiguer la propagation du coronavirus. À mesure que la crise se poursuit, nos certitudes de la veille sont battues en brèche dès le lendemain. Chaque jour est aussi l’occasion de réaliser que nous n’en savons encore que bien peu sur la COVID-19. En de pareilles circonstances, nous sommes tentés de faire nôtre la célèbre formule de Socrate : « je sais que je ne sais rien ». Pourtant, les services de renseignement et l’appareil militaire de nombreux États avaient bel et bien anticipé le scénario d’une telle pandémie. Comment peut-on expliquer, dès lors, l’état d’impréparation généralisé de nos gouvernements? Comment se fait-il que le Canada n’ait pas anticipé davantage la crise sanitaire mondiale?

D’un point de vue de gestion de crise, chaque pays regarde l’autre, se compare, tente de sauver sa population au détriment d’une économie qui aura du mal à se relever. Les « bonnes pratiques » semblaient d’abord avoir été adoptées en Asie (en particulier à Taïwan, à Singapour et en Corée du Sud), puis en Europe et notamment en Suède. Des pratiques qui devront être évaluées et certainement questionnées. Désormais, à l’échelle de la planète, c’est la crainte d’une deuxième vague de contaminations qui domine. Les stratégies de l’un sont remises en question par l’autre. Les études internationales s’appuyant sur une expertise associant de nombreux éléments et disciplines, qui prend du recul et analyse dans la durée, il est actuellement très difficile d’adopter une démarche comparative avec une certaine rigueur scientifique en temps réel.

Dans ce contexte extraordinaire, le milieu universitaire a la responsabilité de diffuser les connaissances et de prendre part aux débats publics pour éclairer les décisions politiques, et informer le public pour dissoudre la bulle de fausses informations qui circulent. L’IEIM met ainsi en valeur la recherche de ses unités membres afin d’assurer une veille sur la situation de la crise sanitaire mondiale. L’IEIM a d’ailleurs été parmi les premiers au Canada à avoir sonné l’alarme en organisant, dès le 23 février dernier, une conférence sur cette épidémie. Également, dans le cadre de son volet « Think Tank », l’Institut publie des documents « Regards de l’IEIM » qui font appel aux expertises de nos chercheurs et diplomates en résidence (fellows). Quatre d’entre eux ont déjà été publiés, portant respectivement sur les enjeux géopolitiques de la pandémie, la situation en Afrique, la transition du leadership mondial mettant en relief la rivalité sino-américaine, ainsi que les restrictions à la mobilité internationale.

En ce qui concerne le Québec, le leadership politique du Gouvernement Legault est unanimement salué. Malgré ses lourds impacts, le confinement semble la meilleure solution jusqu’à présent. Néanmoins, sous la pression du secteur économique, le Premier ministre annonçait tout récemment l’ouverture de certains secteurs économiques jugés prioritaires. Si on comprend la nécessité d’assurer le maintien et la relance rapide de l’économie, il faut garder en tête que plusieurs pays ont fait l’erreur d’un déconfinement hâtif.

Sur une note personnelle et au nom de toute l’équipe de l’IEIM, je désirais adresser à la communauté universitaire, nos partenaires et nos membres, mes encouragements les plus chaleureux. C’est en continuant à suivre les préconisations du gouvernement que nous nous rapprochons d’une sortie de crise et d’un retour à une « nouvelle normale ». D’ici là, suivez-nous sur les réseaux sociaux (Twitter, Facebook, LinkedIn) et grâce à notre bulletin hebdomadaire, et restez à l’affût du prochain lancement de nos capsules vidéo.

François Audet
Directeur
Institut d’études internationales de Montréal

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Créé en 2002, l’Institut d’études internationales de Montréal (IEIM) est un pôle d’excellence bien ancré dans la communauté montréalaise. Les activités de l’IEIM et de ses constituantes mobilisent tant le milieu académique, les représentants gouvernementaux, le corps diplomatique que les citoyens intéressés par les enjeux internationaux. Par son réseau de partenaires privés, publics et institutionnels, l’Institut participe ainsi au développement de la « diplomatie du savoir » et contribue au choix de politiques publiques aux plans municipal, national et international.

Ma collaboration avec l’IEIM s’inscrit directement dans le souci que j’ai toujours eu de livrer au public une information pertinente et de haute qualité. Elle s’inscrit également au regard de la richesse des travaux de ses membres et de son réel engagement à diffuser, auprès de la population, des connaissances susceptibles de l’aider à mieux comprendre les grands enjeux internationaux d’aujourd’hui. Par mon engagement direct dans ses activités publiques depuis 2010, j’espère contribuer à son essor, et je suis fier de m’associer à une équipe aussi dynamique et impliquée que celle de l’Institut.

Bernard Derome

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