Appel à communications - Colloque Mai 2012

Les communautés ethnoculturelles et la politique extérieure canadienne et québécoise

Date limite: 01 décembre 2011

Chaire de recherche du Canada en politiques étrangère et de défense canadiennes

Université du Québec à Montréal – Vendredi 4 mai 2012

L’organisation de ce colloque s’inscrit dans une réflexion inspirée par les diverses initiatives visant la dynamisation de la relation internationale du Canada et du Québec. À ce propos, il convient de souligner la tournée latino-américaine du premier ministre Stephen Harper, qui l’a conduit au Brésil, en Colombie, au Costa Rica et au Honduras. Il faut ajouter la dernière visite en date du premier ministre Jean-Charest en Asie, plus particulièrement au Japon et en Chine. Le but de ces initiatives est de promouvoir les intérêts canadiens et québécois, dans un contexte de crise économique frappant notamment les partenaires économiques traditionnels.

Cette réflexion vise plus spécifiquement à explorer les moyens de renforcer l’efficacité de ces initiatives, en associant les communautés ethnoculturelles installées au Canada et au Québec. Cette démarche s’appuie en effet sur l’idée que le succès de toute politique étrangère dépend en grande partie de la qualité du savoir et de la connaissance sur les pays des partenaires ou interlocuteurs aussi bien que de la manière dont l’État en question est perçu par ces derniers. À cet égard, les informations fournies par ces communautés peuvent constituer des « intrants » de première importance dans le processus décisionnel dans ce domaine. Nous retrouvons ainsi une préoccupation dominante dans un certain nombre de travaux actuels dans ce domaine.

On note effectivement un intérêt accru des spécialistes de la politique étrangère canadienne et québécoise pour les communautés ethnoculturelles. Ils s’intéressent plus précisément à l’impact de certaines d’entre elles sur cette politique, comme les groupes pro-israéliens et pro-palestiniens, ou encore les communautés issues du sous-continent indien (indienne, pakistanaise, tamoule) ou encore chinoise. Plusieurs communautés sont souvent mentionnées, mais font rarement l’objet d’études aussi approfondies. Il s’agit notamment des communautés haïtienne, libanaise, italienne, française ou latino-américaine, et même les Inuits. Les dernières élections fédérales ont fait ressortir l’importance croissante de ces communautés dans le jeu politique intérieure. Ce phénomène est corroboré par la stratégie mise en œuvre par tous les partis politiques pour capter à leur profit leur vote.

Mais la participation de ces communautés est souvent vue de manière négative et s’apprécie à travers la pression qu’elles sont susceptibles d’exercer sur les gouvernements canadien et québécois en faveur de certaines options qu’elles défendent s’agissant de la relation avec leur pays d’origine. De ce point de vue, les cas des groupes pro-israéliens et pro-palestiniens sont regardés comme symptomatiques des problèmes que soulève cette participation ; ceci en termes de conflit éventuel entre les intérêts idéologiques des franges activistes de ces groupes d’un côté, les intérêts électoralistes des partis, les intérêts économiques, politiques, sociaux et culturels du Canada et du Québec de l’autre.

Cette conférence sera orientée par une toute autre préoccupation. Elle tâchera de déterminer dans quelle mesure cette participation pourrait constituer un atout pour le Canada et le Québec dans le cadre de leur coopération bilatérale avec les pays d’origine de ces communautés : lesquelles font partie intégrante de la société canadienne et québécoise. En tant que telles, elles participent, si l’hypothèse défendue par certains auteurs se confirme, à l’évolution de la culture stratégique canadienne et québécoise : d’une culture atlantiste et européenne à une vision plus diversifiée. L’interpénétration culturelle de ces communautés et de la société d’accueil est en effet repérable à travers la diversification de la programmation des festivals (musique, film, etc.) et autres manifestations (expositions, etc.), dont la popularité ne se dément pas d’année en année. Activités qui non seulement renforcent l’intercompréhension et le rapprochement avec les pays d’origine mais encore permet le rayonnement du Canada et du Québec à travers le monde en tant que société démocratique, bilingue, multiculturelle, ouverte, et qui respecte et célèbre sa diversité. Les pouvoirs publics ne s’y trompent pas en investissant financièrement dans l’organisation de tels évènements dont les retombées matérielles (tourisme, etc.) et symboliques peuvent servir la politique commerciale extérieure.

La réflexion sera articulée autour de trois axes.

Le premier axe concerne la pertinence et le mode d’insertion des communautés ethnoculturelles dans le paysage sociopolitique canadien et québécois. Il s’agira d’examiner en priorité leur capacité de mobilisation et de participation de manière constructive à tout processus de politique publique en général, et de politique extérieure en particulier.

Le deuxième axe sera consacré aux effets de la présence de ces communautés sur la culture stratégique canadienne et québécoise. Sera notamment examiné le problème d’appropriation ou non par les acteurs du champ de la politique extérieure de la vision plus diversifiée des intérêts du Canada et du Québec dans le monde. Il sera également question d’observer la traduction de cette appropriation ou du manque de celle-ci sur les comportements de ces acteurs.

Le troisième axe portera sur les mécanismes actuels d’élaboration et de mise en œuvre de la politique étrangère du Canada et du Québec. Le but est de déterminer en quoi ces mécanismes sont-ils ou non favorables à l’intégration d’une telle diversité. Sinon, quelles sont les perspectives de changement de cette situation, auxquelles la réflexion peut contribuer ?

Dépôt d’une proposition de contribution

Les dossiers doivent comprendre :
• Le titre proposé de votre communication.
• Une présentation de la problématique (maximum 150 mots).
• Un curriculum vitae résumé.
• La liste de vos principales publications.

Les propositions sont à envoyer au plus tard le 1er décembre 2011 par courriel à l’attention de Louis Naud Pierre : plnaud@yahoo.fr

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