L’ « effet ALÉNA » et les continentalisations en Amérique du Nord: l’eau dans la production énergétique

1 mars 2004, Dorval Brunelle

Le principal défi qui s’offre à celui qui veut étudier les rapports entre l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) et la question de l’eau est liée à la difficulté d’établir les relations entre les deux termes de l’analyse. Encore récemment, dans les études consacrées au repérage et à l’accessibilité de la centaine de produits de base, sources énergétiques et minéraux, indispensables à la poursuite de l’industrialisation aux États-Unis d’Amérique (EUA), l’eau n’était pas comptée parmi eux. Parallèlement, dans ses récentes publications, l’UNESCO évoque une crise aiguë de l’eau pour 2015. Les premiers font comme si les vastes quantités d’eau nécessaires à la transformation des matières premières et à leur acheminement d’un point à un autre dans les filières de production pouvaient tout simplement être ignorées, tandis que des organisations internationales prédisent des pénuries dans la consommation sans évoquer les gaspillages liés au productivisme et à la concurrence. L’eau est tout aussi bien un moyen de production, un moyen de transport, une source d’énergie, un milieu de vie et un bien de consommation. De plus, on ne peut pas parler de l’eau uniquement en termes quantitatifs, parce que la qualité de l’eau fait partie intégrante d’un problème de l’eau, ou de l’eau en tant que problème. Or, si l’on devait s’en tenir à une approche formaliste et dogmatique, la principale incidence de l’ALENA sur l’eau porterait sur l’enjeu de l’exportation de l’eau et, en particulier, sur celui de l’exportation de l’eau en vrac. Cette question est bien sûr très importante, et je n’ai pas l’intention de le contester, cependant il m’apparaît que cette démarche ne va pas au fond des choses et qu’elle ne jette pas toute la lumière sur le poids et l’importance de l’ALENA en tant que cadre de développement. Je voudrais ainsi montrer en quoi et comment cette approche est réductrice et, pour ce faire, je me propose de réfléchir avec vous sur ce que l’on pourrait appeler l’ « effet ALENA », entendu au sens le plus large de l’expression comme l’ensemble des contraintes que l’ALENA est susceptible d’imposer aux formes et modalités de l’intégration en cours à l’intérieur du continent pour un partenaire, en particulier, le Canada et ses provinces, dont le Québec, et je chercherai à appliquer cette analyse au cas particulier de l’électricité. Pour arriver à mes fins, je commencerai par définir les principaux termes du débat afin de situer clairement les enjeux et les niveaux d’analyse.

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