Un article co-écrit par Romain Lecler, professeur au département de science politique et chercheur au Centre d’études sur l’intégration et la mondialisation (CEIM)

«Faiblesse des viviers féminins» ou «engorgement» masculin des sommets ? Le paradoxe d’une diplomatie féministe qui peine à promouvoir des femmes

Revue française de sociologie, No. 3-4, Vol 62, 30 septembre 2022, Romain Lecler

Résumé

Malgré l’affichage d’une « diplomatie féministe », le ministère français des Affaires étrangères reste sanctionné depuis plusieurs années car il ne nomme pas assez de femmes à ses sommets. À partir de la saisie manuelle de notices biographiques des annuaires diplomatiques, nous montrons la fragilité de l’explication avancée par le ministère en termes de « faiblesse des viviers féminins ». Parmi 1 727 femmes diplomates recrutées depuis 1945, 150 à 200 sont en réalité en situation d’être nommées aux 300 postes d’encadrement du ministère en 2015 (elles n’en occupent qu’un quart). Les femmes sont en effet passées de 8 % après la guerre à plus d’un tiers des diplomates. La comparaison entre hommes et femmes diplomates en poste en 2015 met aussi en évidence une forte atténuation des inégalités chez les moins de 40 ans. Mais le problème réside notamment dans le « cadenas » de l’ENA, l’une des deux voies d’accès aux postes d’encadrement : 6 diplomates énarques sur 7 sont des hommes, et 4 % des femmes de moins de 40 ans sont diplômées de l’ENA contre 10 % des hommes. Sur les quelque 650 diplomates aux propriétés les plus légitimes au ministère en 2015, trois quarts sont ainsi des hommes. Cet « engorgement » masculin des sommets caractérise un type d’organisation administrative aux carrières longues et surdéterminées par les modes d’entrée.

Pour citer cet article

Lecler, R. & Goltrant, Y. (2021). « Faiblesse des viviers féminins » ou « engorgement » masculin des sommets : Le paradoxe d’une diplomatie féministe qui peine à promouvoir des femmes. Revue française de sociologie, 62, 367-412. https://doi.org/10.3917/rfs.623.0367

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