91e Congrès de l'Acfas

Colloque « Politiques sociales transformatrices, inclusives et genrées en Afrique »

Date limite: 12 février 2024

Ce colloque fait suite à un premier colloque organisé en 2022 au 89e Congrès de l’ACFAS sur le thème « Enjeux et défis des politiques sociales genrées et transformatrices en Afrique francophone : mieux comprendre pour mieux agir ». Il s’interroge sur la qualité des réponses proposées par les systèmes institutionnels, notamment les États, les acteurs de la société civile, les partenaires techniques et financiers ainsi que les entreprises pour satisfaire a minima les besoins socioéconomiques des populations africaines.

Le champ couvert par les politiques sociales est très large et peut être appréhendé́ par les thématiques suivantes : protection sociale, insertion sociale, formation professionnelle et emploi, lutte contre l’exclusion sociale, protection de l’enfance, politique de santé et assurance-maladie, logements sociaux, etc.

Globalement, nos interrogations portent sur les liens entre politiques sociales et le développement économique et social. Nous aimerions aussi engager les réflexions sur la question du financement des politiques sociales.

RESPONSABLE :
Marie Fall,Université du Québec à Chicoutimi et chercheure à l’OCCAH

CO-RESPONSABLE :
Louise Carignan, Université du Québec à Chicoutimi
Ndeye Faty Sarr, Université du Québec à Chicoutimi
Pierre Jacquemot, Association Afrique contemporaine (France)


Problématique

Dans les pays africains, la demande en services sociaux de base a considérablement augmenté en raison de la précarité qui touche près de la moitié des habitants (Chancel et al.,2023, Banque Mondiale, 2016 ; Sy et al., 1999). Dans un contexte marqué par des crises multiformes (terrorisme, conflits, sècheresses et inondations, crises politiques, économiques et financières répétitives, etc.), les États africains sont confrontés à un manque de ressources. Les populations africaines ont plus que jamais besoin de politiques sociales transformatrices et inclusives pour un mieux-être collectif.

Les plans d’ajustement structurels (PAS) ont dans les années 1990 affaibli les politiques sociales et après une décennie (années 2000) qui a connu certains progrès, la reprise de l’endettement public des États, puis la crise associée à la pandémie de la Covid-19 et la montée de l’insécurité alimentaire et nutritionnelle ont entravé la formation du capital humain ; d’où une accentuation des risques et incertitudes pour les populations.

S’y ajoutent les problématiques de la migration. À titre d’exemple, ces dernières années, des milliers de jeunes africain.es ont migré de vers l’Europe en quête d’un avenir meilleur. Ce phénomène se consolide avec l’apparition récente de nouvelles voies illégales d’émigrations, toujours au départ de l’Afrique, vers l’Amérique du Nord, en passant par le Nicaragua ou même le Brésil. Que révèle l’intensification de cette migration illégale ? Dans quelle mesure, des politiques sociales efficaces peuvent-elles contribuer à ralentir voire arrêter ces départs aux issues parfois tragiques même mortelles ? Dans quelle mesure l’état des politiques sociales à l’échelle du continent africain participent-il à renforcer le désarroi des jeunes menant à la forte émigration clandestine ?

Les politiques sociales concernent l’ensemble des dispositifs institutionnels d’action collective visant le développement social, la protection et les droits des individus au sein de la société. Thandika Mkandawire (2011) précise qu’elles relèvent des interventions collectives ayant une incidence directe sur le bien-être social, les institutions sociales et les relations sociales concernées par les effets « redistributifs » de la politique économique, la protection des personnes contre les aléas du marché et les conditions changeantes telles que l’âge, le renforcement du potentiel productif des membres de la société, et la conciliation du fardeau de la reproduction avec celui d’autres tâches sociales. Cette définition révèle le potentiel transformateur des politiques sociales qui sont de puissants instruments de réduction des inégalités socio-économiques, spatiales voire environnementales. Elles restent en conséquence intrinsèquement liées aux politiques de développement puisque leurs impacts globaux sur les populations bénéficiaires servent d’indices à la classification/catégorisation des pays.

Les profondes mutations en cours imposent de s’interroger sur les nouvelles modalités de la couverture de la demande en biens et services sociaux et sur la place relative des parties prenantes notamment au titre de la responsabilité sociétale et environnementale. Tout récemment, la pandémie Covid-19 a révélé la nécessité de repenser les politiques sociales en intégrant davantage les incertitudes liées aux grandes endémies et/ou épidémies émergentes en Afrique.


Objectifs et questions

Dans le prolongement du projet Politique Sociale Genrée et Transformatrice en Afrique Post-COVID-19 mis en œuvre par l’Université́ du Ghana et financé par Open Society, ce colloque vise à interroger les postulats de base des politiques sociales et à analyser leur opérationnalisation dans divers contextes et conjonctures politiques, économiques et sociales.
Nous attendons des communications portant sur la définition et la mise en œuvre des politiques sociales en Afrique. Que visent-elles ? Pourquoi et comment ? Qui sont les décideurs ? Qui sont les gestionnaires ? Qui sont les bénéficiaires ? Quelles en sont les retombées concrètes ?
Il s’agit également de présenter et d’analyser les mécanismes de faisabilité, les forces, les faiblesses et les réels impacts de ces politiques sociales sur la vie des populations bénéficiaires et leur potentiel transformateur. Il est possible d’apporter des éléments de comparaison avec des pays dits « développés ou avancés » comme le Canada (Québec) ou la France.

Notre colloque vise à amener des éléments de réponse aux questions suivantes :

  1. Quelles sont les actions et/ou les mesures incontournables pour assurer la protection sociale et les droits civils des individus ?
  2. Quels sont les freins à la réalisation des Objectifs du développement durable dans le domaine de la santé pour tous (n°3) et de l’éducation de qualité pour tous (n°4).
  3. Peut-on identifier des causes communes ? Ou des causes variables selon les contextes ?
  4. Égalité et équité se conjuguent-ils nécessairement ? Au plan de la gestion des ressources financières rares (saupoudrage ou priorisation), de l’efficacité (quantité versus qualité).
  5. Les politiques sociales découlent-elles d’un processus autocratique ou démocratique ?
  6. Dans quelle mesure la participation citoyenne peut–elle être engagée dans cette démarche ?
  7. La rareté des ressources budgétaires est souvent invoquée pour expliquer la précarité des systèmes sociaux publics. Est-ce un bon argument ? Suffisant ?
  8. Quelles sont les innovations possibles et expérimentées en matière de couverture monétaire des services ?
  9. Que révèle l’intensification de la migration illégale ? Dans quelle mesure, des politiques sociales efficaces peuvent-elles contribuer à ralentir, voire arrêter ces départs ? Dans quelle mesure les politiques sociales à l’échelle du continent africain participent-elles à renforcer le désarroi des jeunes menant à la forte émigration clandestine ?

Nous attendons des communications portant sur l’étude et l’application des politiques sociales, provenant de l’Afrique, l’Europe, le Canada, le Québec ou d’ailleurs, et sur leur pertinence voire les retombées pour le mieux-être des populations.
Nous souhaitons aussi recevoir des communications qui témoignent d’initiatives novatrices porteuses d’actions sociales et communautaires qui ont fait une différence pour les populations visées.

Des conférencières et conférenciers issu.es de plusieurs disciplines, provenant de l’Afrique, de l’Europe, du Canada, du Québec et d’ailleurs, sont attendu.es. La diversité des perspectives enrichira le corpus de connaissances sur la thématique du colloque. Cette multiplicité de points de vue permettra d’approfondir la réflexion lors des discussions.


Types de communications attendues

  • Une recension de travaux de recherche sur l’état de la question dans un des domaines des politiques sociales en Afrique.
  • Une analyse d’une politique sociale dans un pays donné ou une étude comparée multi pays dans une période récente.
  • Une présentation et une analyse d’expériences novatrices réalisées en matière sociale, susceptibles d’apporter des enseignements pertinents pour d’autres situations.


Format attendu des propositions

  • Titre de la communication.
  • Nom, prénom, fonction, affiliation et courrier électronique des auteurs. trices.
  • Résumé de la communication de 500 mots maximum en français au format Word qui présente la problématique, la méthodologie et les principaux résultats.
  • Trois à cinq mots-clés.


Critères à respecter

  • Être en lien avec la thématique du colloque.
  • Contribuer à l’avancement des connaissances.
  • Être écrites en français, la langue officielle du Congrès de l’Acfas.
  • Être soumises avant le 12 février 2024 aux deux adresses suivantes
    lcarigna@uqac.ca et sarrndeyefaty@yahoo.fr

Annonce des propositions acceptées au plus tard le 28 février 2024.

Important : Selon les politiques de l’Acfas, l’inscription au congrès est obligatoire pour toute personne désirant participer ou assister au congrès. Pour toute information sur le Congrès de l’Acfas, visitez le site suivant : https://www.acfas.ca/evenements/congres/informations-utiles


Comité scientifique et d’arbitrage du colloque

Les membres du comité organisateur du colloque en collaboration avec des collègues provenant d’autres disciplines agiront comme membres du comité scientifique et d’arbitrage.


Possibilités de publication des textes

Les conférenciers et conférencières qui le désirent pourront soumettre un texte sous la forme d’un article ou d’une monographie, issu de leur présentation au cours de l’automne 2024, en vue de la publication d’un numéro spécial de la revue Afrique contemporaine au premier semestre 2025 après acceptation par son comité de rédaction. Des informations supplémentaires seront fournies dans les prochains mois.
Toutefois, prenez note qu’une participation au colloque ne constitue pas un engagement de publication, car les articles soumis seront évalués par un comité de lecture de la revue.5


Dates importantes à retenir

  • 9 janvier 2024 Ouverture de l’inscription en ligne sur le site acfas.ca
  • 12 février 2024 Date limite d’envoi de votre proposition de communication
  • 28 février 2024 Communication de la décision d’acceptation ou du refus de la proposition aux auteurs et autrices
  • 31 mars 2024 Date limite pour bénéficier du tarif préférentiel d’inscription au congrès
  • 14 et 15 mai 2024 Tenue du colloque dans le cadre du 91e Congrès de l’Acfas – Université d’Ottawa et en ligne


Pour toute communication

Ndèye Faty Sarr
sarrndeyefaty@yahoo.fr

Marie Fall
mfall@uqac.ca

Pour plus d’informations sur le 91e Congrès de l’Acfas, veuillez consulter le site :
https://www.acfas.ca/evenements/congres

Partenaires

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Créé en 2002, l’Institut d’études internationales de Montréal (IEIM) est un pôle d’excellence bien ancré dans la communauté montréalaise. Les activités de l’IEIM et de ses constituantes mobilisent tant le milieu académique, les représentants gouvernementaux, le corps diplomatique que les citoyens intéressés par les enjeux internationaux. Par son réseau de partenaires privés, publics et institutionnels, l’Institut participe ainsi au développement de la « diplomatie du savoir » et contribue au choix de politiques publiques aux plans municipal, national et international.

Ma collaboration avec l’IEIM s’inscrit directement dans le souci que j’ai toujours eu de livrer au public une information pertinente et de haute qualité. Elle s’inscrit également au regard de la richesse des travaux de ses membres et de son réel engagement à diffuser, auprès de la population, des connaissances susceptibles de l’aider à mieux comprendre les grands enjeux internationaux d’aujourd’hui. Par mon engagement direct dans ses activités publiques depuis 2010, j’espère contribuer à son essor, et je suis fier de m’associer à une équipe aussi dynamique et impliquée que celle de l’Institut.

Bernard Derome

À l’occasion de la rentrée universitaire 2023-2024, le président de l’Institut d’études internationales de Montréal (IEIM) s’est prononcé sur la situation géopolitique mondiale.

« L’ordre mondial, tel que l’on l’a connu depuis la fin de la guerre froide, est complètement bousculé avec des rivalités exacerbées entre les grandes puissances et des impérialismes démesurés. »

– Bernard Derome

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